Forum SahelInnov 2017

Sahel Innov : comment permettre aux startups de relever les défis du Sahel ?

Almoktar Allahoury, Directeur du CIPMEN

En février dernier s’est tenu à Niamey la première édition du forum SahelInnov. Organisée par le Centre Incubateur des PME au Niger (CIPMEN), en collaboration avec sept autres incubateurs, l’objectif est d’apporter des réponses aux défis de la région sahélienne.

Et elles sont nombreuses ces startup qui veulent mettre l’innovation au service d’un développement durable au Sahel ! Pour les soutenir, le SahelInnov s’apprête ainsi à lancer son programme d’accélération. Rencontre avec Almoktar Allahoury, Directeur du CIPMEN. 

Almoktar Allahoury est nigérien. Après une classe préparatoire au Maroc puis des études d’ingénieur en France, il intègre plusieurs cabinets de conseil. En 2013, il décide de rentrer au Niger et porte le projet d’un incubateur en devenir, aux côtés de partenaires du secteur privé nigérien et internationaux. Le Centre Incubateur des PME au Niger (CIPMEN) est né.

Il faut soutenir les startups à fort potentiel, pour qu’elles deviennent des champions nationaux et créent des centaines d’emplois.

SAHEL INNOV : PLUS QU’UN FORUM, UN VÉRITABLE LABEL

Cette première édition du Sahelinnov a réuni, durant 3 jours, les acteurs de l’écosystème entrepreneurial autour de différentes activités : ateliers, concours de pitch, hackathon… Le forum a ainsi permis de mettre en lumière les startups les plus prometteuses de la région :

“J’aime mon pays. Et lors de mes voyages, j‘ai remarqué que très peu de partenaires avec qui j’échange connaissent le Niger. Le SahelInnov, c’était donc l’occasion de montrer qu’au Niger, au Mali, au Tchad, il y a aussi des startup très matures, mais qui sont hors de la lumière des médias et des écosystèmes.”

Au-delà d’un simple événement, c’est un véritable label SahelInnov qu’Almoktar Allahoury a voulu créer. En regroupant les incubateurs de la région, ce label a vocation à les renforcer et surtout, à les fédérer. Les startups incubées seront ainsi estampillées “SahelInnov”, gage d’une qualité d’accompagnement.

On compte ainsi parmi les membres du réseau : le CIPMEN (Niger), La Fabrique (Burkina Faso), Saboutech (Guinée), Createam (Mali), JCCM (Mauritanie), le WenakLabs (Tchad) et le CTIC Dakar (Sénégal).

Le réseau SahelInnov

SAHEL INNOV BOOST : LE PROGRAMME D’ACCÉLÉRATION DU SAHEL INNOV

Afin de mettre en application les différentes recommandations issues du forum de février dernier, le SahelInnov a également mis en place son programme d’accélération :

“L’idée, c’est d’accompagner trois startups locales, qui ont déjà fait leurs preuves, à s’implanter dans d’autres pays du Sahel. Dans la région, nous connaissons en effet les mêmes réalités et faisons face aux mêmes défis. »

Ces entreprises bénéficieront ainsi d’un coaching renforcé, de mentoring, d’un soutien financier, d’infrastructures d’hébergement et d’accès à un réseau de grandes entreprises nationales et multinationales.

Pour accompagner le passage à l’échelle régionale de ces innovations, le SahelInnov privilégie le partenariat avec les incubateurs locaux du réseau, en leur apportant un appui technique. Le SahelInnov est actuellement en train de lever des fonds afin de mettre en oeuvre cet ambitieux programme.

Les 5 lauréats du Sahelinnov2017
Les 5 lauréats du #Sahelinnov2017. Crédit photo : CIPMEN.

DES DÉFIS DE TAILLE À RELEVER POUR LE SAHEL

Qu’ils soient internes ou externes, les défis à relever pour le Sahel sont colossaux. La population est appelée à tripler d’ici 2050, le défi sécuritaire peut difficilement être occulté et le changement climatique touche la région de plein fouet.

“Tout est prioritaire dans notre région. Il suffit de voir le classement du PNUD au niveau de l’indice de développement humain (le Programme des Nations Unies pour le Développement, ndlr). Nous sommes parmi les pays les plus mal classés : Mali, Niger, Tchad, Burkina.”

Pour les entrepreneurs, dire que l’écosystème n’est pas propice frôle l’euphémisme. Dans les pays d’Afrique subsaharienne, la majorité des PME ne survit pas à la 2ème année d’activité.

“On voit une sorte de frénésie pour que les jeunes aillent vers l’entrepreneuriat. Mais il faut dire la vérité, ce que les jeunes veulent, c’est avant tout un emploi. Pour que l’entrepreneuriat ne soit pas un choix par défaut, il faut soutenir les startups à fort potentiel, qu’elles deviennent des champions nationaux et créent des centaines d’emplois.”

Almoktar Allahoury en est désormais convaincu, “les anciens modèles ont démontré leurs limites”. Promouvoir de nouvelles formes d’entrepreneuriat, innovantes et durables, est devenu une nécessité. Et pour y parvenir, les nouvelles technologies font figure d’accélérateur, en rendant possible un réel bon technologique.

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Morgane
morgane@sekou.org

Après plusieurs années dans les RH, j'ai développé un sens relationnel aigu et une réactivité à toute épreuve. Curieuse invétérée qui s’émerveille d’un rien, j'ai pris le virage du digital à travers la création de contenus web et le social media. Mes domaines de prédilection : l’art, les nouvelles technologies, l’environnement et la photo.

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