Les équipes du CTID et les incubés

Le CTID, le premier incubateur de Djibouti, lance sa 2ème cohorte

Situé au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, Djibouti a une position géographique privilégiée. C’est également l’un des pays les plus urbanisé du continent africain. Pourtant, le chômage des jeunes reste une problématique sociale de premier ordre. Beaucoup se tournent vers l’entrepreneuriat, sans forcément d’accompagnement.

C’est pour soutenir les startups de Djibouti et promouvoir l’innovation technologique que le CTID a vu le jour. Lancé en mars 2017, le Centre de Technologie et de l’Innovation pour le Développement entend élever le potentiel tech du pays sur la scène régionale et internationale. Rencontre avec Samatar Abdi Osman, fondateur du premier incubateur de Djibouti.

Notre rôle est de soutenir le développement de solutions disruptives adaptées aux défis de la région.

Booster la compétitivité technologique de Djibouti

Spécialisé dans la gouvernance des risques naturels, Samatar Abdi Osman a effectué de nombreuses missions sur la question du changement climatique. Avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’AFD ou la Banque Africaine de Développement, il entre en contact avec de nombreux incubateurs et structures d’accompagnement.

Être entrepreneur ne s’improvise pas ! Hélas, beaucoup de start-ups font faillite, faute d’appui dans la gestion de leur entreprise.

Avec des amis, il décide de mettre en place une structure d’accompagnement pour soutenir les initiatives des jeunes djiboutiens. Samatar Abdi Osman met à profit sa pédagogie d’ancien d’étudiant chercheur et sa connaissance des thématiques locales pour mettre en place un programme dédié aux porteurs de projet, qui se lancent parfois par défaut dans l’entrepreneuriat :

“De nombreux jeunes diplômés arrivent chaque année sur un marché du travail saturé. Certains d’entre eux se tournent vers l’entrepreneuriat. Mais être entrepreneur ne s’improvise pas ! Hélas, beaucoup de start-ups font faillite, faute d’appui dans la gestion de leur entreprise.”

L’un des principaux objectifs du CTID, c’est d’inculquer cette culture entrepreneuriale qui fait défaut. L’incubateur ambitionne également de rehausser la compétitivité technologique de Djibouti au niveau régional et international. Pour ce faire, le CTID peut compter sur un groupe de spécialistes : ingénieurs, chercheurs, chefs de projets, financiers ou experts en communication.

Un programme de formation adapté aux besoins spécifiques du marché

Pour le fondateur du CTID, il est essentiel de s’adapter au tissu économique local. Djibouti est un pays de services, qui s’articule principalement autour du transport et de la chaîne logistique. Mais avec ses 9 câbles sous-marins, le pays possède également un fort potentiel dans les télécoms et les TIC. Si bien qu’il fait figure de « nœud d’interconnexions ».

Pour cette première cohorte, le CTID a ciblé les jeunes diplômés. La plupart portant des projets encore peu matures, le programme s’est davantage axé vers la pré-incubation et l’accompagnement des incubés dans la maturation de leur projet. Néanmoins, deux startups se développent actuellement au sein de l’incubateur : un projet de cartographie digitale et une plateforme de e-commerce.

Il faut être prêt à échouer et à se relever. C’est là qu’on reconnait le vrai entrepreneur.

“Pour le succès, il n’y a pas d’ingrédients miracles. Celui qui souhaite se lancer doit être prêt à passer par un processus lent, qui dépend de plusieurs facteurs. Il faut être prêt à échouer et à se relever. C’est là qu’on reconnait le vrai entrepreneur.”

Formation aux CTID

Transformer la région de la corne de l’Afrique

Avec sa position de carrefour entre trois continents, Djibouti est aussi connu pour son climat d’affaires favorable. Si le pays fait figure de stabilité dans une région sujette aux conflits, il fait aussi face à des défis de taille, tels que l’urbanisation rapide, la migration climatique ou le chômage des jeunes. D’après la Banque Mondiale, plus de 70% des jeunes de moins de 30 ans sont en effet sans emploi.

Pour Samatar Abdi Osman, il y a une vraie prise de conscience. “L’Etat a mis en place un guichet unique qui permet d’accéder à toutes les informations nécessaires pour créer son entreprise. Un programme de financement axé pour les jeunes a également été lancé.

Les écoles aussi ont pris conscience de l’importance d’accompagner les jeunes dans l’élaboration de leur projet. Les programmes commencent à intégrer des modules et des parcours entrepreneuriat.

Pour beaucoup, la corne de l’Afrique se résume à la Somalie, la famine et “We are the world”...

A travers le CTID, Samatar Abdi Osman veut justement changer l’image négative de la région : “Pour beaucoup, la corne de l’Afrique se résume à la Somalie, la famine et “We are the world”… Mais l’Éthiopie, par exemple, a complètement changée ! Ça fait une dizaine d’année que le pays a une croissance à deux chiffres. »

La vision du CTID, c’est également de mettre en avant les startups éthiopiennes, somaliennes et djiboutiennes. A ce titre, l’incubateur a rejoint des réseaux internationaux tels que le SahelInnov et Afrilabs. De beaux projets en perspective !

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A propos de l'auteur /

morgane@sekou.org

<p>Après plusieurs années dans les RH, j’ai développé un sens relationnel aigu et une réactivité à toute épreuve. Curieuse invétérée qui s’émerveille d’un rien, j’ai pris le virage du digital à travers la création de contenus web et le social media. Mes domaines de prédilection : l’art, les nouvelles technologies, l’environnement et la photo.</p>

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