CTID incubateur francophone à Djibouti

Le CTID, le premier incubateur francophone de la Corne de l’Afrique, lance sa 2ème cohorte

Samatar Abdi Osman a co-fondé le CTID à Djibouti

Situé au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, Djibouti a une position géographique privilégiée. Le pays observe également un taux de croissance en hausse à plus de 5% sur la dernière décennie.

Pourtant, le chômage des jeunes reste une problématique sociale de premier ordre. Beaucoup se tournent vers l’entrepreneuriat, sans forcément d’accompagnement.

C’est donc pour soutenir les startups de Djibouti et promouvoir les projets innovants et durables que le CTID a vu le jour. 

Lancé en mars 2017 lors de la semaine de la francophonie, le Centre de Technologie et de l’Innovation pour le Développement entend hisser le potentiel technologique du pays sur la scène régionale et internationale. Rencontre avec Samatar Abdi Osman, co-fondateur du premier incubateur francophone de la Corne de l’Afrique.

Notre rôle est de soutenir le développement de solutions disruptives, adaptées aux défis de la région.

Booster la compétitivité technologique de Djibouti

Spécialisé dans la gouvernance des risques naturels, Samatar Abdi Osman a effectué de nombreuses missions sur la question du changement climatique, touchant essentiellement les femmes et les jeunes. Avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l’AFD, l’OIF ou la Banque Africaine de Développement, il est en contact avec de nombreux incubateurs et structures d’accompagnement du continent africain. Avec ces partenaires, il a signé des conventions pour mener à bien des programmes à Djibouti.

Être entrepreneur ne s’improvise pas ! Hélas, beaucoup de start-ups font faillite, faute d’appui dans la gestion de leur entreprise.
CTID, incubateur francophone à Djibouti
Remise des attestations de la formation en Cartographie et SIG Open Source (source : CTID)

Avec des amis, il décide de mettre en place une structure d’accompagnement pour soutenir les initiatives innovantes et durables des jeunes djiboutiens. Samatar Abdi Osman met à profit sa pédagogie d’ancien d’étudiant chercheur et sa connaissance des thématiques locales pour mettre en place un programme dédié aux porteurs de projet, qui se lancent parfois par défaut dans l’entrepreneuriat :

“De nombreux jeunes diplômés arrivent chaque année sur un marché du travail saturé. Certains d’entre eux se tournent vers l’entrepreneuriat. Mais être entrepreneur ne s’improvise pas ! Hélas, beaucoup de start-ups font faillite, faute d’appui dans la gestion de leur entreprise.”

L’un des principaux objectifs du CTID, c’est d’inculquer cette culture entrepreneuriale qui fait défaut. L’incubateur ambitionne également de rehausser la compétitivité technologique de Djibouti au niveau régional et international. Pour ce faire, le CTID peut compter sur un groupe de spécialistes locaux et internationaux : ingénieurs, chercheurs, chefs de projets, financiers ou experts en communication.

Un programme de formation adapté aux besoins spécifiques du marché

Pour le fondateur du CTID, il est essentiel de connaître le tissu économique local avant de se lancer. Djibouti est un pays de services, qui s’articule principalement autour du transport et de la chaîne logistique. Mais avec ses 9 câbles sous-marins, le pays possède également un fort potentiel dans les télécoms et les TIC. Si bien qu’il fait figure de « nœud d’interconnexions ».

Pour cette première cohorte, le CTID a ciblé les jeunes diplômés. La plupart portant des projets encore peu matures, le programme s’est davantage axé vers la pré-incubation et l’accompagnement des incubés dans la maturation de leur projet. Néanmoins, deux startups se développent actuellement au sein de l’incubateur : un projet de cartographie digitale et une plateforme de e-commerce.

Il faut être prêt à échouer et à se relever. C’est là qu’on reconnait le vrai entrepreneur.

“Pour le succès, il n’y a pas d’ingrédients miracles. Celui qui souhaite se lancer doit être prêt à passer par un processus lent, qui dépend de plusieurs facteurs. Il faut être prêt à échouer et à se relever. C’est là qu’on reconnait le vrai entrepreneur.”

CTID incubateur francophone à Djibouti
En décembre dernier, le CTID organisait une formation en libre accès sur la cartographie et le système d’information géographique.

Transformer la région de la Corne de l’Afrique

Avec sa position de carrefour entre trois continents, Djibouti est aussi connu pour son climat d’affaires favorable. Si le pays fait figure de stabilité dans une région sujette aux conflits, il fait aussi face à des défis de taille, tels que l’urbanisation rapide, la migration climatique ou le chômage des jeunes. D’après la Banque Mondiale, plus de 70% des jeunes de moins de 30 ans sont en effet sans emploi.

Pour Samatar Abdi Osman, il y a une vraie prise de conscience. “L’Etat a mis en place un guichet unique qui permet d’accéder à toutes les informations nécessaires pour créer son entreprise. Un fonds de garantie partielle des crédits a aussi été lancé. Il a pour mission de contribuer au développement du secteur privé et au soutien des petites et moyennes entreprises ou industries.

Les écoles aussi ont pris conscience de l’importance d’accompagner les jeunes dans l’élaboration de leur projet. Des programmes commencent à intégrer des modules et des parcours entrepreneuriat, à la fois au Lycée et l’Université.

Pour beaucoup, la Corne de l’Afrique se résume à la crise en Somalie, la famine et “We are the world``...

A travers le CTID, Samatar Abdi Osman veut justement changer l’image négative de la région : “Pour beaucoup, la Corne de l’Afrique se résume à la piraterie, au conflit Somalien, aux sécheresses récurrentes, à la famine et à “We are the world”… Mais l’Éthiopie, par exemple, a complètement changée ! Ça fait une dizaine d’année que le pays a une croissance à deux chiffres. »

Djibouti commence aussi à attirer de nombreux investisseurs, grâce à sa position géostratégique. Après une décennie de croissance autour de 5 à 6 %, il importe désormais de miser sur la détection de jeunes pousses et la mise en place de projets innovants et durables pour transformer l’économie locale, largement tributaire du secteur tertiaire.

La vision du CTID, c’est également de mettre en relation les startups éthiopiennes, somaliennes et djiboutiennes pour renforcer l’intégration économique de cette région de la Corne, à travers sa jeunesse innovante et talentueuse. A ce titre, l’incubateur a rejoint des réseaux internationaux tels que le SahelInnov et Afrilabs. De beaux projets en perspective !

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A propos de l'auteur /

morgane@sekou.org

Après plusieurs années dans les RH, j'ai développé un sens relationnel aigu et une réactivité à toute épreuve. Curieuse invétérée qui s’émerveille d’un rien, j'ai pris le virage du digital à travers la création de contenus web et le social media. Mes domaines de prédilection : l’art, les nouvelles technologies, l’environnement et la photo.

3Commentaires

  • Yahya Mahamoud Guelleh
    17 janvier 2018

    Bonjour mes cher amis

  • Amir Kassim Robleh
    5 avril 2018

    Salut je me nommé amir kassim , élève d’ingénieur Géo-information spécialisé système d’informatique géographique et développeur Webmapping cartographie, je l’apprécier le travail que vous aviez fait pour l’open source OSM pour enrichir les données libre à djibouti-ville, mais il y’a pas que ça pour améliorer et aussi la formation ce mieux que vous étiez faire une partenariat avec l’ université de Djibouti pour travail de la filière SIG.

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